Genève, 31 octobre 2018 – Des millions de personnes aux prises avec une situation de crise ne reçoivent peut-être pas l’assistance humanitaire dont elles ont désespérément besoin, alerte un nouveau rapport de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (Fédération internationale), publié aujourd’hui.

Le Rapport sur les catastrophes dans le monde 2018 explique que le fait que des millions de personnes soient laissées de côté n’est pas uniquement attribuable au manque d’argent aux fins de l’action humanitaire.

Elhadj As Sy, secrétaire général de la Fédération internationale, a déclaré :

« C’est un appel à la réflexion lancé à tous les acteurs de l’aide internationale. Même si tous les appels humanitaires étaient entièrement financés, il est probable que de nombreuses personnes seraient encore laissées de côté. Ce rapport devrait pousser le secteur humanitaire international tout entier à chercher activement à atteindre les personnes qui sont abandonnées à leur sort, cachées dans l’ombre. »

Le Rapport sur les catastrophes dans le monde 2018 met en évidence cinq façons dont le système humanitaire international laisse des personnes de côté. Le manque d’information sur celles qui ont le plus besoin d’aide et une compréhension limitée des façons de les aider au mieux font que les programmes ne ciblent pas toujours les bonnes personnes de la bonne manière. L’accès inadéquat aux personnes en détresse et le manque de souplesse qui entrave l’élargissement de l’assistance humanitaire à des personnes se trouvant hors de ses domaines traditionnels que sont les conflits, les catastrophes, le déplacement ou la maladie contribuent à exacerber le problème. En outre, le manque de fonds force souvent les organisations d’aide à faire des choix très difficiles.

Le rapport présente aux donateurs, aux gouvernements des pays touchés et aux groupes d’aide une série de recommandations tendant à pallier les lacunes existantes dans les services. Il s’agit, notamment, d’améliorer les données collectées sur les personnes qui ont le plus besoin d’une assistance humanitaire et, point essentiel, d’appeler les gouvernements et les organisations d’aide à privilégier et favoriser le soutien aux populations les plus difficiles à atteindre.

Le rapport appelle avec force à transformer en profondeur la manière dont les ressources sont allouées, de façon à placer davantage d’argent et de confiance dans les organisations humanitaires locales et nationales.

« Pour identifier, atteindre, comprendre et aider les populations les plus vulnérables dont il est question dans le rapport, le secteur humanitaire international doit investir dans les acteurs locaux et nationaux », a ajouté M. Sy.

« Ces acteurs, dont font partie les Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, disposent d’atouts uniques pour contribuer à résoudre les problèmes chroniques soulevés dans le rapport. Ceux-ci sont déjà présents là où les crises frappent. Ils parlent les langues locales, comprennent les coutumes locales et sont souvent les mieux placés pour trouver et soutenir les personnes les plus isolées et les plus vulnérables de façon prompte, culturellement appropriée et, nous en sommes convaincus, efficace par rapport aux coûts. »

« Ils constituent notre meilleure chance de faire en sorte que les personnes qui ont le plus besoin d’aide ne soient plus laissées de côté. »

Malgré les nombreux engagements internationaux qui ont été pris de soutenir les acteurs locaux et nationaux, les progrès ont été lents. Seulement 2,9 % (603 millions de dollars É.U.) de l’assistance humanitaire internationale ont été remis directement aux intervenants locaux et internationaux en 2017.

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