Genève, 8 octobre 2018 – Les changements climatiques contribuent déjà à rendre les interventions de secours d’urgence dans le monde plus ardues, moins prévisibles et plus complexe, dit le plus vaste réseau humanitaire au monde.

L’alerte lancée par la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (Fédération internationale) coïncide avec la publication d’un rapport du Groupe d’experts intergouvernemental des Nations unies sur l’évolution du climat (GIEC) qui met en évidence les impacts attendus d’une augmentation des températures moyennes mondiales de 1,5°C et de 2°C d’ici à 2099.

Le président de la Fédération internationale, Francesco Rocca, a déclaré : « À ce jour, plus de la moitié de nos opérations relèvent directement de phénomènes météorologiques, et nombre d’autres sont rendues plus complexes par des tensions et des chocs liés au climat. Si telle est la situation aujourd’hui, il est difficile d’évaluer quelle sera l’ampleur des crises auxquelles les communautés vulnérables devront faire face dans un monde qui aura subi un réchauffement de 1,5°C ou de 2°C ».

En 2017, la Fédération internationale et le réseau mondial de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge sont intervenus en réponse à plus de 110 situations d’urgence, portant assistance à plus de 8 millions de personnes. Dans plus de la moitié des cas, des phénomènes météorologiques étaient à l’origine des interventions.

Les Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge sont aussi témoins de l’accroissement des déplacements dus au climat. Le nombre des personnes déplacées par les phénomènes météorologiques s’élevait à 23,5 millions en 2016, selon l’Organisation météorologique mondiale.

« Si la planète connaît un réchauffement de 1,5°C, tous les habitants seront frappés par des phénomènes météorologiques plus extrêmes, et les communautés qui luttent déjà pour leur survie en raison d’un conflit, de l’insécurité ou de la pauvreté paieront le plus lourd tribut », a expliqué Francesco Rocca.

« Nous travaillons déjà avec certaines de ces communautés pour les aider à anticiper les situations qui pourraient se présenter et à s’y adapter, mais ces efforts doivent être considérablement accrus. Une plus grande part des financements mondiaux liés au climat doit servir à aider ces communautés à s’adapter à l’évolution des risques. Actuellement, moins de 10 % des financements sont utilisés à cette fin. »

Le docteur Maarten van Aalst, climatologue et directeur du Centre de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge sur le climat installé à La Haye, a ajouté : « La question du climat reste au centre des priorités internationales. En 2018, des vagues de chaleur meurtrières et des incendies ont sévi dans l’hémisphère Nord, y compris dans des endroits inattendus comme l’Est canadien, le Japon et la Suède. Une analyse rapide conduite en juillet par un groupe international de climatologues a montré que, dans certaines régions d’Europe, les changements climatiques multiplient par deux les risques que des vagues de chaleur se produisent. »

Le rapport du GIEC jette les bases des discussions de la COP24, qui débutera le 3 décembre, à Katowice (Pologne). « La COP24 doit déboucher sur un ensemble de règles strictes pour la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Nous ne pouvons pas nous contenter de demi-mesures ; notre avenir en dépend », a dit Francesco Rocca.

« La Fédération internationale salue le rapport du GIEC. Nous espérons qu’il donnera lieu à des mesures concrètes. Des millions de vies – et des milliards de dollars alloués à l’intervention en cas de catastrophe – sont en jeu. »

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