Genève, 20 octobre 2017 – La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) est indignée par la découverte de cas de fraudes lors de ses opérations de lutte contre la maladie à virus Ebola en Guinée et en Sierra Leone.

La FICR n’a aucune tolérance pour la fraude et s’engage à assurer une transparence totale envers les partenaires et les communautés que nous servons.

Cette découverte de cas de fraudes ne doit en aucun cas diminuer le courage et le dévouement extraordinaires de milliers de volontaires et employés, qui ont travaillé sans relâche lors de la riposte contre la maladie à virus Ebola, pour sauver d’innombrables vies et soutenir les familles.

Les volontaires de la Croix-Rouge ont joué un rôle crucial pour mettre fin à l’épidémie de maladie à virus Ebola en Afrique de l’Ouest. Des équipes de volontaires ont assurer des traitements et des soins et ont pris la responsabilité d’inhumer les victimes de l’épidémie, prévenant environ 10 500 infections supplémentaires.

Les opérations de lutte contre la maladie à virus Ebola en Afrique l’Ouest ont été parmi les plus grandes et complexes dans l’histoire humanitaire récente.  En réponse à l’épidémie mortelle, la FICR et d’autres organisations humanitaires ont rapidement établi et étendu des bureaux, déployé du personnel et acquis des stocks importants de produits médicaux et d’équipements.

Transparency International a demandé aux organisations humanitaires de publier des rapports d’audit sur les opérations de lutte contre la maladie à virus Ebola après avoir averti qu’en raison de l’afflux de fonds dans la région, les opérations étaient particulièrement vulnérables à la fraude et à la corruption. Conformément à l’engagement de la Croix-Rouge à l’égard des meilleures pratiques en matière de transparence et de redevabilité, la FICR s’est conformée à cette demande.

Les enquêtes menées par la FICR ont découvert les malversations suivantes :

  • Complicité probable entre les anciens membres du personnel de la FICR et les employés d’une banque en Sierra Leone, entraînant une perte financière d’environ 2,13 millions de francs suisses.
  • Surfacturation et facturation factice par un prestataire de services de dédouanement en Guinée, entraînant ainsi une perte estimée à 1,17 million de francs suisses. Deux enquêtes supplémentaires sur d’autres allégations de fraude sont en cours.
  • Ceci fait suite à des enquêtes qui avaient été effectuées antérieurement au Liberia et qui avaient mis au jour des preuves de fraude liées à la falsification des prix des articles de secours, des malversations liées au paiement (motivation) des volontaires, entraînant une perte estimée à 2,7 millions de francs suisses, ainsi qu’une enquête menée en 2016 sur le non-respect du processus d’approvisionnement en Sierra Leone.
  • La FICR s’est engagée à demander des comptes à toutes les personnes impliquées dans toute forme de fraude et à récupérer tous les fonds détournés ou illégalement emportés.
  • En Sierra Leone, la FICR travaille avec la Commission de lutte contre la corruption pour enquêter et poursuivre juridiquement toute personne qui aurait été impliquée.
  • En Guinée, la FICR travaille avec les autorités compétentes du pays et d’ailleurs pour décider des moyens les plus efficaces d’engager une action en justice.
  • Au Libéria, la FICR travaille avec la Commission de lutte contre la corruption pour enquêter et poursuivre juridiquement toutes les personnes impliquées.

Dans tous ces cas, la FICR est disposée à lever toutes les immunités et privilèges juridiques pour garantir que tout membre du personnel impliqué soit tenu responsable.

En ce qui concerne l’enquête de 2015 sur le non-respect du processus d’approvisionnement en Sierra Leone, la FICR a immédiatement demandé la résiliation du contrat en question et a supervisé un nouveau processus d’appel d’offre, avec une surveillance supplémentaire en ce qui concerne la conformité.

Chacun de ces cas a été découvert dans le cadre d’une approche proactive de la FICR visant à rechercher et à mettre fin à des malversations, à la corruption et à la négligence dans le cadre de nos opérations humanitaires, où qu’elles se produisent. Depuis 2014, la FICR a mis en œuvre une série de réformes visant à éradiquer toute forme de fraude et de corruption et à promouvoir une culture de transparence et de gestion des risques dans le cadre de ses opérations.

À la suite des enquêtes susmentionnées, la FICR a également mis en place un cadre renforcé de « triple défense » pour la protection contre les malversations et la corruption dans les opérations à haut risque.

Ce cadre établit de nouvelles mesures de contrôle à chaque ligne de défense contre les malversations. Ces nouvelles mesures comprennent le plafonnement des dépenses en espèces dans des situations à haut risque; le déploiement rapide d’auditeurs formés dans le cadre de la première vague d’opérations d’urgence; la formation obligatoire sur la prévention des malversations pour le personnel sur le terrain ; la création d’une commission d’audit et de gestion des risques du Conseil d’administration de la FICR ; et la mise en place d’une cellule spéciale d’enquête interne et indépendante.

Plus d’informations sur le cadre de «triple défense» de la FICR contre la fraude et la corruption sont disponibles ici.

Malgré les circonstances difficiles qui peuvent en résulter, la FICR ne reculera pas devant la lutte contre les malversations ou la corruption dans les opérations de lutte contre la maladie à virus Ebola et continuera à soutenir partout dans le monde, les Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge dans des situations de crises humanitaires complexes.

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